Devenir pet sitter : quelles démarches et quel cadre légal pour exercer sereinement ?

30 juillet 2025

Le petsitting : une activité professionnelle réglementée

La garde d’animaux à domicile ne relève pas (encore) d’une activité encadrée par un diplôme d’État, mais n’en reste pas moins réglementée. Le secteur du petsitting en France concerne aussi bien la garde à domicile que les visites, promenades ou l’accueil chez soi. D’après une étude de l’IFOP pour la Fédération Française des Métiers de l’Animal de Compagnie, 29% des foyers français ont déjà confié un animal à un professionnel ou à un particulier (IFOP, 2021).

Les différentes formes de petsitting

  • Garde à domicile (chez le propriétaire ou chez le pet sitter)
  • Promenades de chiens
  • Visites régulières pour s’occuper d’un animal seul
  • Hébergement temporaire au domicile du pet sitter

Chaque type d’activité peut soulever des obligations spécifiques, mais dans tous les cas la loi impose un cadre minimal à respecter dès lors qu’une rémunération est prévue.

Pouvoir exercer le petsitting : pourquoi le statut d’auto-entrepreneur est le plus courant

L’une des questions les plus fréquentes concerne le statut juridique à choisir pour démarrer en toute sécurité. En France, le plus accessible est le régime du micro-entrepreneur (auto-entrepreneur), solution choisie par la majorité des pet sitters.

  • Accessibilité des formalités : inscription rapide sur le site de l’URSSAF ou de l’INPI, pas de capital minimum requis
  • Simplicité de la comptabilité : déclaration mensuelle ou trimestrielle du chiffre d’affaires, pas de TVA en dessous de 77 700 € (2024)
  • Obligations sociales et fiscales claires : paiement des cotisations basé sur les recettes encaissées

Attention : Certains sites proposent de commencer “sans statut” en tant que “particulier”, mais dès qu’il y a un échange avec contrepartie financière de façon régulière, vous êtes considéré comme un professionnel aux yeux de la loi et devez être déclaré.

D’autres statuts existent : entreprise individuelle “classique”, EURL ou SASU, association loi 1901 (cas très particuliers). Pour les débutants ou petites structures, la micro-entreprise reste la meilleure option.

Démarches administratives nécessaires pour se lancer dans la garde d’animaux

  1. Déclaration d’activité auprès de l’INPI : depuis janvier 2023, toutes les entreprises, y compris micro-entreprises, doivent s’enregistrer via le Guichet Unique de l’INPI.
  2. Immatriculation au Registre National des Entreprises (RNE) : c’est automatique après la déclaration.
  3. Enregistrement à la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI).
  4. Demander un numéro SIRET/SIREN.

Ces démarches assurent la transparence de votre activité et permettent de bénéficier de la protection du régime général.

Déclaration d’activité : un passage obligatoire pour se mettre en règle

La déclaration est impérative dès lors que le petsitting devient une source de revenus régulière. Elle officialise l’exercice de la profession et conditionne l’accès à l’assurance professionnelle, et rassure les clients sur votre sérieux.

  • Le code APE habituellement retenu pour la garde d’animaux est 96.09Z (“Autres services personnels n.c.a.”), car la législation considère le petsitting comme un service à la personne.
  • L’exercice “au noir” vous expose notamment à une amende fiscale pouvant aller jusqu’à 45 000 € et 3 ans d’emprisonnement (Service-public.fr).

Assurances : quels contrats souscrire pour bien protéger son activité ?

La responsabilité d’un pet sitter est engagée à tout moment où il prend soin d’un animal. L’assurance n’est pas légalement obligatoire mais fondamentale pour exercer dans de bonnes conditions : un accident, une dégradation chez le client, un incident en promenade peuvent arriver.

  • Responsabilité Civile Professionnelle (RC Pro) : elle couvre les dommages causés à l’animal ou aux tiers pendant la garde. Coût moyen : entre 80 € et 200 €/an pour un début d’activité (source : MMA, Maif, Axa).
  • Extension d’assurance habitation : à vérifier si la garde se fait chez vous.
  • Assurance santé animale : facultative, mais parfois proposée par certains assureurs pour couvrir des frais vétérinaires lors d’un incident.

Certains clients exigent un justificatif d’assurance : il est préférable d’inclure cette mention dans vos devis et contrats.

Réglementation spécifique de la garde d’animaux à domicile

Le petsitting implique le respect de règles relatives à la protection animale et à la santé publique, encadrées par :

  • Le Code rural (art. L214-6) : toute personne qui, à titre professionnel, s’occupe d’animaux d’autrui doit garantir leur bien-être, signaler tout mauvais traitement et respecter leurs besoins physiologiques.
  • Le nombre d’animaux accueillis est limité par la commune si la garde a lieu au domicile du pet sitter (en général, pas plus de 9 chiens adultes, 3 chats ou 50 oiseaux : renseignez-vous auprès de la mairie).
  • Interdiction d’utiliser l’activité comme un prétexte à l’élevage ou la vente (la distinction est très claire pour les autorités : petsitter ≠ éleveur).

Obligations fiscales lorsque l’on est pet sitter

Les revenus issus de cette activité sont soumis à l’impôt sur le revenu (régime BIC - Bénéfices Industriels et Commerciaux) :

  • Déclaration du chiffre d’affaires sur l’espace auto-entrepreneur chaque mois ou trimestre
  • Imposition selon le régime micro-BIC : abattement forfaitaire de 50% (maximum 77 700 € de CA/an à ne pas dépasser en 2024)
  • Dispense de TVA si CA < 36 800 €/an
  • Possibilité d’opter pour le prélèvement libératoire de l’impôt

En cas de non-déclaration, les sanctions sont celles du travail dissimulé, auxquelles s’ajoutent des redressements fiscaux et cotisations sociales rétroactives.

Risques encourus à exercer le petsitting sans statut ou en dehors du cadre légal

Exercer sans respecter la réglementation expose à plusieurs risques bien documentés :

  • Sanctions pénales : jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 € d’amende pour travail dissimulé (Service-public.fr)
  • Refus d’indemnisation en cas de litige ou accident : absence d’assurance professionnelle
  • Perte de crédibilité auprès des clients qui vérifient souvent le Siret sur Infogreffe

Contrat de garde d’animaux : formaliser la relation en toute légalité

Un contrat écrit – même simple – est vivement recommandé. Il définit les conditions de garde, les responsabilités, les particularités de l’animal et protège à la fois le pet sitter et le client.

Quelles mentions faire figurer ?

  • Identité et coordonnées des deux parties (pet sitter et propriétaire)
  • Informations détaillées sur l’animal (nom, âge, numéro d’identification, besoins particuliers, traitements en cours...)
  • Dates, horaires, type de garde
  • Montant et modalités de paiement
  • Assurance souscrite par le pet sitter (nom, numéro de contrat)
  • Procédure en cas d’urgence vétérinaire
  • Autorisations éventuelles (promenade sans laisse, transport de l’animal...)

Des modèles de contrats adaptés à la France sont disponibles sur le site de la Chambre Syndicale des Services Animaliers ou auprès de certaines compagnies d’assurance.

Les mineurs ont-ils le droit légal d’exercer la garde d’animaux contre rémunération ?

La très grande majorité des plateformes de services à la personne refuse l’inscription de mineurs. Toutefois, le droit français permet, sous certaines conditions, à partir de 16 ans, d’exercer une activité rémunérée :

  • L’autorisation parentale est obligatoire
  • L’inscription comme micro-entrepreneur est réservée aux majeurs. Entre 16 et 18 ans, seule la “petite annonce” occasionnelle non professionnelle est tolérée (ex. babysitting animalier de quartier)
  • Aucune assurance professionnelle n’est accessible aux mineurs

L’activité régulière relève obligatoirement du statut professionnel, qui n’est ouvert qu’aux personnes majeures.

Certification, diplôme ou formation : y a-t-il une obligation formelle ?

Nulle obligation légale d’avoir une formation spécifique pour la garde d’animaux de compagnie (chiens, chats, NAC) chez le particulier. Le Certificat de Capacité pour les Animaux de Compagnie d’Espèces Domestiques (CCAD) n’est requis que si l’on héberge des animaux au domicile du pet sitter au-delà de 9 chiens ou 3 chats adulte, ou si l’on fait pension ou élevage. (Ordre des vétérinaires).

Toutefois, une formation (ACACED – Attestation de Connaissances pour les Animaux de Compagnie d’Espèces Domestiques) ou un stage en structure professionnelle est recommandé et valorisé auprès des clients, et peut parfois faire baisser le coût de l’assurance pro.

Perspectives et bonnes pratiques pour exercer durablement

  • Respecter la réglementation favorise la confiance des familles, la fidélisation de la clientèle et la pérennité de l’activité.
  • Se former en continu à l’éthologie, aux premiers secours animaliers, ou s’informer sur les évolutions légales sont de vrais atouts.
  • L’inscription à un réseau professionnel ou à une association nationale d’entreprises de services animaliers permet de mutualiser conseils juridiques et retours d’expérience.

En France, livrer à domicile la meilleure garde d’animaux possible passe par la passion, mais aussi par la connaissance du cadre légal et le respect d’une éthique professionnelle. Choisir le bon statut, s’assurer correctement, rédiger son contrat : trois bases solides pour une activité sereine et reconnue auprès des propriétaires d’animaux.

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